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René Beaupère

Mariages mixtes entre Chrétiens

L’accueil par les Eglises des foyers chrétiens interconfessionnels (couples catholiques-protestants etc.) s’est notablement amélioré depuis quarante ans. Successivement les Eglises de la Réforme puis l’Eglise catholique grâce au concile Vatican II ont assoupli leurs disciplines. Résultat: les couples mixtes et les groupes de couples mixtes - ceux du moins qui restent enracinés loyalement dans leurs Eglises d’origine - ont fait de leurs différences, non plus des obstacles à leur vie conjugale et familiale, mais une source d’enrichissements mutuels. Des difficultés demeurent toutefois, en particulier en ce qui concerne la participation commune à l’eucharistie. Cependant d’ores et déjà on constate que ces “petites Eglises domestiques” que sont les familles interconfessionnelles, loin de former la “troisième Eglise” contre laquelle des responsables religieux les mettent périodiquement en garde, constituent des “îlots de réconciliation” à l’intérieur des communautés confessionnelles dans lesquelles elles vivent, et entre ces communautés. L’unité des chrétiens n’est-elle pas en train de se reconstruire ainsi pas à pas? De même en effet que, au cours des siècles, les séparations et les schismes ne se sont pas produits d’un seul coup mais plutôt par à-coups dans une sorte de dérive mutuelle, de même il n’est pas invraisemblable d’imaginer une réconciliation par étapes. Dans ce cheminement les familles interconfessionnelles jouent un rôle spécifique qui devrait être mieux connu, reconnu et valorisé par les Eglises chrétiennes.

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Mixed marriages between Christians (Summary)

The level of acceptance by the churches of interchurch families has greatly improved over the past forty years. The Reformed Churches and then the Catholic Church (thanks to Vatican II) have progressively made their disciplines less demanding. The result: mixed couples - at least the ones who remain loyally committed to their churches of origin - have turned their differences from being obstacles to their married and family life into a source of mutual enrichment. Difficulties remain nonetheless, in particular where joint participation in the eucharist is concerned. However we can now see that these "little domestic churches" that are interchurch families, far from forming the "third church" against which religious leaders occasionally warn them, constitute "islands of reconciliation" within the confessional communities in which they live, and between these communities. Perhaps we are seeing the unity of Christians being rebuilt step by step. Down the centuries separations and schisms were not overnight affairs, for in practice the sides drifted progressively further and further apart; so, in the same way a reconciliation by stages is not beyond the bounds of possibility. Interchurch families play a specific role in this progressive movement, a role that ought to be better known, recognised and appreciated by the Christian churches.

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