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Georges Eid
Visages et paysages: du mariage, du couple et de la famille (résumé)
Cet article présente la thèse que le mariage fondé sur l'amour mutuel est une nouvelle réalité rendue possible grâce aux progrès sociaux et technologiques modernes. Auparavant, le mariage assurait la stabilité sociale et la survie des ressources familiales grâce à la procréation et au partage des tâches familiales. On choisissait son conjoint, ou d'autres se chargeaient du choix, dans ce but. Le mariage fondé sur la raison plutôt que sur l'amour était le principe fondamental. Le plaisir sexuel était considéré comme le péché par excellence. La stabilité du mariage était fondée sur une stricte répartition des rôles en fonction du sexe. Au siècle dernier, il s'est produit un glissement important dans la vie familiale. Et cela sur trois plans. Au plan politique, à partir des années 1970, une nouvelle conception du mariage a vu le jour, celle du mariage d'amour. Cela a rendu évidemment la relation plus fragile. Au deuxième plan, celui "techno-commercial", le passage, à partir des années 1960, d'une économie industrielle à une économie fondée sur la technologie de l'information a créé une société de consommation, dans laquelle le travail manuel s'est réduit à un minimum. Le mariage en soi n'est plus considéré comme un facteur de stabilité économique comme c'était le cas lorsque l'entreprise familiale était fondée sur l'activité physique que deux personnes pouvaient mieux accomplir qu'une seule. Le troisième plan est celui de l'éducation et de la formation des gens dans la société moderne de consommation. A la différence du passé, il n'y plus de point final dans la formation. Nous nous réinventons sans cesse au cours de la vie, nous n'entrons plus à vingt ans dans la stabilité de l'âge adulte, nous sommes sans cesse à la recherche de nouvelles aventures. Le mariage n'est plus un état de vie permanent, mais seulement un des projets de vie que l'on peut ou doit mettre de côté lorsqu'il ne contribue plus au développement personnel. Ces trois facteurs trouvent leur écho dans le fait que le mariage aujourd'hui n'est plus fondé en premier lieu sur un choix rationnel mais sur l'amour et l'attrait sexuel. L'article conclut en déclarant que ce n'est que dans une société démocratique moderne qu'un mariage fondé sur l'intimité et sur l'amour peut se vivre, mais que cela rend le mariage fondamentalement plus fragile. Ce n'est pas quelque chose de négatif en soi, mais cela reflète l'émergence d'une nouvelle réalité quant au mariage.
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Perspectives and Pathways: On Marriage, the Couple, and the Family (summary)
The article presents the thesis that marriage based in mutual love is a new reality made possible by modern social and technological advances. Prior to the modern world, marriage ensured social stability and the survival of the family's resources through procreation and sharing in the family's tasks. People chose their spouses, or more likely their spouses were chosen for them, in view of this purpose. Marriage based on reason, rather than love, was the basic principle. Sexual pleasure was cast as paradigmatic of the greatest sins. Marriage stability was founded on a strict definition of gender roles. In the past century, we have witnessed a significant shift in family life. This can be seen on three levels. On the political side we are witnessing, since the 1970s, a new understanding of marriage based on love. This necessarily makes the relationship more fragile. A second dimension regards the "techno-economical". The movement since the 1960s from an industrial economy to one based on information technology has brought about a society based on consumption, where manual labor is reduced to a minimum. Marriage in and of itself does not increase economic stability as it did when the family business was based on physical activity which two could do much better than one. A third dimension regards the way in which people are formed in our modern consumer society. Unlike in the past, there is no endpoint to educational formation. We continually reinvent ourselves throughout life, no longer entering into a stable adulthood in our twenties, but continually seeking new adventures. Marriage thus becomes not a permanent state of life, but part one of our life projects that can and should be set aside when it no longer contributes to personal growth. These three factors are reflected in the fact that marriage today is not primarily based on rational choice but on love and sexual attraction. The article concludes with the argument that it is only in a modern democratic society that a marriage based on intimacy and love can exist, and that this new development in regard to marriage inherently makes marriage more fragile. This is not in and of itself negative but reflects the emergence of a new reality for marriage.
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